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Insecure bis

Concentrons nous sur ce qui ne va pas dans ma tête.

Déjà, l'anorexie, avec des crises boulimiques (genre pas de la boulimie à proprement parler, mais ma psy appelle ça comme ça). C'est un cercle tellement vicieux. Jecomplexe sur mon poids, donc je mange pas, donc il arrive le moment ou je meurs de faim, donc je mange tout et n'importe quoi, donc je complexe et je culpabilise, donc je mange encore moins, donc j'ai encore plus faim, donc je fais une encore plus grosse crise, et ça tourne toujours en boucle. La nourriture, c'est littéralement obsessif chez moi. J'ai arrêté de me peser quand j'ai commencé la pilule parce que je savais que je ne voudrais plus la prendre si je grossissais, même un peu, mais là je ne sais plus où j'en suis du tout. J'ai tout le temps, tout le temps envie de me faire vomir, et chaque bouchée que j'avale et que je garde est un immense combat, et j'ai tellement peur de rechuter après chaque crise.

Ensuite, l'anxiété, c'est pas génial. Je me souviens la première fois que j'ai été voir le médecin pour qu'il me prescrive des anti-dépresseurs, il m'a dit "Bah, Madame, déjà vous allez prendre des antidépresseurs, mais il faut aussi que je vous prescrive quelque chose contre l'anxiété, comment ça se fait que personne ne l'a diagnostiqué avant ?" et ensuite, la psychiatre qui me dit "Mademoiselle, vous avez une anxiété très développée, mais comme j'ai pu noter que vous aviez une personnalité sensible aux addictions, je vais supprimer vos anxiolytiques." Je sais même pas comment décrire ce que je ressens, ce que je vis, parce que c'est tellement naturel que j'étais même pas conscient d'avoir des troubles. Vivre en permanence avec une boule énorme dans la gorge et la poitrine, ne jamais parler sans avoir pensé mille fois à ce que j'allais dire et aux conséquences que ça pourrait avoir, même si les autres pensent que je suis spontané, la sensation d'étouffer et de ne pas pouvoir respirer à chaque fois qu'une situation un peu différente de l'ordinaire arrive, avoir mon coeur accélère tellement vite et fort que parfois j'en pleure littéralement de douleur, les vertiges au lycée et en classe quand le prof me pose une question et que j'ai la réponse mais je suis quand même incapable d'ouvrir la bouche, qui par ailleurs est aussi sèche que le désert, pas dormir ni manger pendant des jours et des jours par peur d'un événement somme toute ridicule (une sortie au cinéma ou au kebab avec des amis irl).

Pour continuer dans cette idée, les crises post-traumatiques, qui sont juste dans ma vie en permanence. A chaque fois que je cligne des paupières, je le sens sur moi, dans moi, tout partout. Avec le temps, on apprend à faire avec, mais pas à oublier, jamais. J'ai appris à aimer le contact physique, à différencier la sensation des mains de mes amis et la sensation des siennes, à ne plus pleurer à chaque fois que quelqu'un lui ressemble un tant soit peu. A ne plus cauchemarder toutes les nuits. A embrasser, et à câliner. Mais il reste ces putains de crises, c'est une odeur, c'est un rayon de lumière ou une personne, un contact trop brusque, une sensation, ou rien. Rien mais d'un coup il est là, face à moi, et il recommence encore et encore mais personne ne le voit.

Ouais bah pour être honnête j'ai pas trop l'énergie de continuer.

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