J'avais peur d'écrire un texte pour la nouvelle année, et c'est peut-être pour ça que j'ai autant hésité, et que je ne m'y mets que maintenant, fin janvier. Mais je voulais tellement trouver les bons mots pour, vous savez, définir mon année. J'étais terrorisé, je ne voulais pas me genrer ni au masculin, ni au féminin, ni au neutre. J'étais effrayé à l'idée d'écrire que j'allais bien et que ça ne dure pas, d'écrire que j'allais mal et que ça dure, d'écrire mes espoirs et d'être déçu. Je ne voulais pas me mettre moi, parce que j'espère changer, je ne voulais pas mettre quelqu'un pour ne pas sonner faux.
Mais peu importe maintenant. Parce que c'est qui je suis : indécis, impatient, je ne veux rien, ou alors je veux tout. Et cette année sera de la même façon, instable, m'apportant du bon et du mauvais, me rendant triste et heureux. Je ne serais pas tout le temps une fille, pas tout le temps un garçon, tout le temps moi, que ça me plaise ou non.
Pourtant, un truc est certain : j'ai besoin de certitudes. Si je ne veux pas m'effondrer, il me faut du solide, du concret. Alors, voici la seule certitude que je peux vous donner maintenant :
JE SUIS EN VIE
Et ça veut dire que je me suis battu pour tenir le coup, que peu importe la dépression et les traumatismes, j'ai survécu. J'ai perdu des batailles, j'ai passé des heures et des heures à me mutiler jusqu'à ne plus pouvoir respirer, jusqu'à ce que ma tête tourne ou que je m'effondre de douleur. J'ai arrêté de manger à presque tomber dans les pommes, et j'ai fait des breakdowns qui ont tant de fois faillis tourner à la tentative de suicide. Et je ne peux même pas dire que "c'était 2019, donc c'est derrière moi maintenant". Non. C'est toujours mon présent, et la nouvelle année n'a rien effacé, et ce n'est pas grave. Ce soir, ce n'est pas grave parce que j'ai beau être brisé en mille morceaux irréparables, je suis toujours en vie, et ça personne ne peut me l'enlever. Et même si tout s'arrêtait, je pourrais dire que j'ai fait de mon mieux, donc maintenant, je vais juste fermer les yeux et laisser les choses venir. Je suis prêt à affronter la vie. Même si ce n'est que pour quelques jours, même si ce n'est que quelques heures, parce que ce sera toujours ça que je vole à l'adversité.