-Je te déteste !
-Mais non ! Tu ne sais pas détester, parce que tu ne sais pas aimer. Tu ne sais même pas vivre. Tu vas mourir sans rien laisser, aucune trace, aucun souvenir. Mais tu peux encore tout changer. Tu peux encore devenir celle que tu décris dans tes textes ! Je ne sais pas s'il te faut un électrochoc, une gifle, une dose d'adrénaline, je ne sais pas ! Je voudrais juste que tu te rappelles que je t'aime. Je t'aime comme on aime la première étoile du ciel, et le soleil qui se lève. Je t'aime comme on aime l'espoir, la lumière et la vie. Rappelle toi de ce que tu étais. Rappelle toi de ce que tu as enfoui, de ce que tu n'as pas pu sauver. Je t'aime comme on aime le dernier instant, juste avant de s'endormir, quand on se dit qu'on a survécu une journée de plus au beau milieu de la merde. Arrête de te noyer comme si tu t'en foutais, bats-toi pour ces putains de goulées d'air. Peu importe qu'au final, tu te noies quand même, et peu importe si ça fait mal, et peu importe si tu n'en peux plus. Bats-toi, putain, bats-toi. T'es devenue tout ce que tu détestais, quand tu savais encore détester. Bats-toi. S'il te plaît, redeviens toi-même.
-Mais peut-être que moi, c'est ça. Peut-être que je suis cassée et qu'il n'y a plus rien à recoller.
-Alors pourquoi tu as continué à écrire, petite sœur ?