Pour une fois, le soleil était levé bien avant moi. Ses rayons sur mon visage, atténués par les rideaux translucides gris, étaient posés sur mon visage, me réveillant doucement. Neuf heures et demi, seul dans mon lit, dans cette grande chambre en bordel. Comme si l'univers s'était allié pour me laisser une pose, pas de paralysie du sommeil ce matin, et pas de déception d'ouvrir les yeux. Les choses sont un peu plus faciles. Je ne vais pas bien, même pas mieux, mais ce matin, ça n'a pas d'importance. Je repousse les couvertures chaudes en me remémorant mon rêve, un pieds devant l'autre sur le sol froid, j'atteins la porte de ma chambre, je sors de mon monde. Le son de la radio, branché sur France Inter, l'odeur du café mêlée à celle de la pluie qui a déjà remplacé le soleil. Ma mère, installé à son ordi, souriante et chaleureuse. Les pas de mon petit frère dans les escaliers. Il a l'air heureux, j'espère qu'il l'est. Tandis qu'il s'avachit dans le canapé, mes mains attrapent machinalement le lait, le cacao en poudre, me fait un chocolat chaud et remonte. C'est la première fois depuis des semaines que je déjeune, mais je ne m'en étais pas rendu compte. Je remonte les escaliers, retrouve ma chambre, mon monde, c'est les vacances.
-i guess i'm still alive-