C’est comme si… Bon, au début, tu ouvres les yeux, d’accord ? Et alors la lumière te brûle les yeux. C’est ça le problème. Le problème, c’est que les choses dont tu as besoin te font du mal. Par exemple, hem, parfois, tu cours. Sans raison, ou peu importe, juste tu cours. Et puis au bout d’un moment, tu n’en peux plus, ça fait mal, tu souffres. Ton coeur qui bat te fait mal. Respirer te fait mal. Pourtant tu en as besoin. Donc après, bon, il n’y a que deux conclusions possible, hein. Soit tu finis toujours par souffrir, donc ce qui t’es nécessaire est douloureux, soit, ça veut juste dire que tu n’en a pas besoin. Pourquoi tu aurais besoin de lumière ? Pourquoi tu aurais besoin de respirer ? Eh, si vivre fait mal, pourquoi tu continues ? Il n’y a pas de raison, hein, c’est juste comme ça.
C’est là que tu comprends. En fait tu… moi je dis tu, mais ça s'adresse à plein de gens moi y compris. Mais bref. Tu n'as aucune raison d'avancer. Tu tournes en rond. Encore et encore. Sans raison, sans aucune raison. Tu perpétue le cercle, le poids de tes pas enfonce doucement sol, creuse la prison dans laquelle tu t’enferme. Et au fond tu le sais il est déjà trop tard. Alors tu continue. C'est la faute des moutons ça. Enfin ce n'est pas leur faute, mais c'est quand même eux qui font ça le plus souvent. C'est à dire eux qui se suivent tous, suivent la même voie, sans fin dans le mouvement. Tu avances parce que tu ne sais pas reculer mais eh, ce n'est pas une raison.
Et comme tu n’as pas de raison, et que rien n’a de sens, tu t’épuise. Alors tu continues à faire des choses douloureuses, comme vivre par exemple. Et les cicatrices restent. Sur la face visible de ton âme, et ça fait mal. Tu crois que tu guéris, mais tu ne fais que te briser de plus en plus, parce que rien n’a de sens. Et alors les morceaux de toi qui s’éparpillent sur ton sillage, tu ne les retrouveras jamais, et quand bien même, personne n’a inventé la colle pour te reconstruire.
Alors qu’est-ce que tu vas faire ? Tu vas juste marcher dans le cercle jusqu’à ce qu’il ne reste plus assez de toi pour continuer et tu vas mourir.