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Random

Ecrire un article intitulé random et ne plus pouvoir se sortir la musique d'Eddy de Pretto de la tête. Ecrire une article, a une heure et demi du matin, en pleurant toutes les larmes de son corps.

Mon petit frère dort tout près de moi, dans ma chambre. Je dois être silencieuse pour ne pas le réveiller, mais en même temps j'ai envie de hurler. Alors j'imagine ce cri trop longtemps retenu qui traverse mes lèvres, ma gorge mon coeur. Je l'imagine s'amplifier et grandir jusqu'à prendre tout l'espace que ma chambre, jusqu'à tout abîmer et m'écraser. Je l'imagine retentir, et faire trembler la terre entière. Tout le monde en chercherait la provenance, incapable de réaliser qu'un tel bruit puisse venir d'un seul corps. Mon cri qui restera toujours silencieux s'anime, s'obscurcit, devient dur et coupant, il est là contre ma peau, si près de ma trachée. S'il gonflait ne serait-ce qu'un peu, il détruirait ma jugulaire, du sang qui coulerait. Et je n'aurais qu'à penser merci avant de disparaître.

Je parle. Pas IRL, mon petit frère dort. J'envoie mes messages à un rythme régulier, et il est possible d'imaginer que peut-être, je vais mal, mais te doutes-tu d'à quel point je pleure et d'à quel point je suis près de te laisser ce soir ? Je ne dis rien, ce n'est pas le moment. Tu ne vas pas bien non plus. Je préfère me concentrer sur toi. Je voudrais arrêter de pleurer pour réussir à te lire plus facilement. Mais rien ne s'arrête. Je ne veux pas parler de moi, pas me concentrer sur moi, je ne veux que deux choses : que tu ailles bien et que tout s'arrête. Deux désirs incompatible.

Je me sens comme une enfant. Fragile, à protéger. Je ne pensais pas que tu me voyais faible. Du moins pas autant. Je suis navrée si j'ai pu te donner cette putain d'impression que j'étais pas là pour t'écouter, je suis vraiment désolée parce que putain, je serais toujours, toujours là. Pour t'écouter, pour te donner tout ce dont tu as besoin dans la mesure de mes capacités, et j'ai vraiment du tout foirer si tu as cru un seul instant que j'étais pas là pour toi. Pardon.

Je ne sais pas pourquoi j'ai été crée. Et peu importe. Je me rends compte maintenant que je déteste être astrale. Je déteste ne pas avoir les bons mots au bon moment. Je me déteste, et il n'y a rien chez moi qui vaille la peine qu'on pleure ou qu'on se batte. Je ne vaux rien, et la seule chose à laquelle je suis censée servir, c'est réconforter mes proches, sauf qu'apparemment, je suis nulle à ça aussi. Ce n'est pas grave. Je voudrais juste que tu te sentes moins mal, même un peu. C'est la seule aspiration que j'aie. Être utile à ceux que j'aime. Il n'y a qu'en faisant ça que je me sens un peu digne de survivre.

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