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Partie 11

La seule chose qui peut surpasser l'amour d'un enfant à sa mère, c'est l'amour d'une mère à son enfant. 

 Elle se rassit dans le canapé de cuir et il s'allongea pour poser la tête sur ses genoux. Elle commença à lui caresser les cheveux tandis qu'un second tic se fit entendre. Alors, surprise, elle déboutonna la chemise de son enfant, et effleura l'horloge du bout des doigts. Ce fut en la voyant faire qu'Emy comprit à quel point ce geste était intime. Elle qui avait failli laisser ses doigts aller sur le bois la première fois qu'elle l'avait vu, elle réalisa l'erreur que ça aurait été. Elle était tellement absorbée par la douceur du geste qu'elle ne remarqua pas tout de suite que l'aiguilles des minutes avait avancé.

 Après un instant de fascination, la mère se tourna vers Emy avec un air triste.

-Ma chérie, je comprends que tu ne veux pas rentrer chez ta tante, mais il faudra que je l'appelle. Tu comprends bien que je ne peux pas prendre le risque que qui que ce soit s'approche trop près de mon fils...

-S'il te plaît maman... laisse nous au moins une soirée ensemble...

 La femme finit par accepter, difficilement, et les autorisa à aller se promener à l'extérieur. Elle avait un terrible pressentiment. Mais comment refuser à son fils de passer du temps avec la personne qui semblait faire fonctionner son cœur ? De son côté Emy hochait la tête mais elle savait qu'elle ne rentrerait pas chez sa tante qui refusait de s'attacher à elle. Elle repartirait, elle s'enfuirait encore et encore. Anthony se leva et prit sa main, pour l'entraîner à l'extérieur, sans voir la flamme qui brûlait dans son regard. Il referma la porte de bois avec un bruit mat et doux, et inspira doucement l'air frais.

-Si c'est la dernière journée que nous passons ensemble, je vais la rendre mémorable en t'apprenant à ressentir tout ce que je peux, annonça sa nouvelle amie.

-On peut tout apprendre si vite ?

-Non, tu n'auras qu'un avant goût de ce que le monde a à t'offrir, mais c'est le mieux que je puisse faire en si peu de temps.

-Alors madame la professeur, qu'est ce que j'apprends aujourd'hui ?

 Elle haussa les sourcils, amusée, puis décida de faire d'une pierre deux coups : elle commença à le chatouiller jusqu'à ce qu'il éclate de rire. Toujours aussi cristallin, cet éclat avait perdu toute sa fadeur inconsistante. Il sembla surpris du son qui sortait de sa bouche, de l'émotion qui sortait de son cœur. Il était amusé, pour la première fois de toute sa vie. Par mimétisme, il la chatouilla à son tour, et la regarda s'esclaffer en se débattant. Les passants se retournaient en se demandant sûrement ce que deux adolescents faisaient à rire en pleine rue au lieu d'être en cours. Et justement, la seconde leçon allait s'enseigner maintenant. La réaction attendue par Emy arriva enfin : son disciple commença à rougir et à ne plus rire quand les gens  marchait, à détourner le visage, et soudain, il fondit en larmes, et se jeta dans ses bras. Surprise, elle ne le repoussa pourtant pas, et attendit qu'il s'apaise un peu, et qu'il reprenne la parole.

-Qu'est-ce qui se passe ? Je n'aime pas ça...

-Tu as honte. Tu n'aimes pas le jugement que l'on porte sur toi. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi violent.

-Vous...

-Si je dois t'apprendre un truc Anthony, c'est que quand on a partagé un fou-rire et un câlin avec une personne, on peut la tutoyer.

-Tu sais pourquoi je réagis comme ça ? Tu n'as pas pleuré toi.

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