Aujourd'hui c'est difficile. Depuis ce matin je tremble compulsivement. J'ai l'impression qu'on m'enfonce des aiguilles chauffées à blanc dans le cerveau, j'ai envie de pleurer très très très fort. Mon coeur bat tellement violemment que j'ai pas arrêté de pleurer jusqu'à tomber de fatigue à partir du moment où je suis renté à l'appartement. Vu le prix que mes parents ont investi dans le stage, je n'ose pas me plaindre mais pour moi, c'est une semaine horrible.
On a neuf heures de cours, tous les jours. Avec très peu de pauses. Vraiment très peu. En plus on a qu'une seule matière de cours par jours, et ça veut donc dire qu'on doit vraiment ingurgiter beaucoup de connaissances d'un coup. J'en peux plus, j'en peux vraiment plus, je veux juste que ça s'arrête c'est littéralement tout ce que je demande, je breakdown toutes les nuits parce que mon cerveau et mes troubles de l'attention veulent pas, supportent pas ça. J'ai l'impression que mon cerveau est un cube, et que le professeur est l'un de ces gosses qui veulent absolument faire passer le cube dans le trou rond. Sauf qu'il change pas d'avis et c'est moi qui me casse petit à petit et ça fait très mal. Ils veulent m'apprendre des choses mais ils me cassent, comme si je n'étais pas déjà assez brisé. Ils se permettent de faire des remarques sur mon alimentation, mes troubles, mes médicaments, ils se permettent de nier ma légitimité parce que, je cite "gender fluid ? C'est simplement l'expression d'un narcissisme profond d'une personne qui change pour attirer l'attention sur sa personne.". Je me limite à ça à leurs yeux. D'ailleurs selon mon prof de question contemporaine "Un transgenre c'est quelqu'un qui veut faire une opération. Moi je peux totalement comprendre qu'une femme se sente homme et qu'elle veuille se faire opérer." Mais non monsieur. Quelqu'un de trans veut pas forcément l'opération et toutes les complications merdiques qui s'en suivent, c'est juste quelqu'un qui veut qu'on le reconnaisse pour ce qu'il est. Par ailleurs on dit "je peux totalement comprendre qu'un HOMME se sente piégé dans un CORPS de femme, et qu'IL puisse EVENTUELLEMENT vouloir se faire opérer". Là c'est correct, respectueux et tolérant.
Et puis j'ai pas ma place là bas, avec cette bande de bourges pédants qui se pensent supérieurs parce qu'ils sont dans un grande école. Comme si science po faisait d'eux des gens bien. Moi, même si j'entre, ça fera pas de moi quelqu'un de meilleur. Je serais juste plus instruit, si ça se trouve je deviendrais un connard encore pire que maintenant. L'école te donne des connaissances pas de la valeur. Moi, devant eux, j'ose pas dire que je veux passer ma vie à écrire, comment est-ce qu'ils pourraient comprendre ? C'est pas un métier sérieux, écrivain. Enfin, si, mais alors il faut écrire des livres de philosophie, des essais, pas des scénarios où des romans. Moi, je réfléchis pas avant de parler, je dis la pensée qui me vient. Et puis, je cite pas Olympe de Gouges. Moi, je parle de Charlie et la Chocolaterie, d'Hunger Games, et du Père Noël dans mes dissertations. Je me fous de leurs grandes idées théoriques, moi je parle de la vie, et des gens qui crèvent de faim, qui se battent, et qui sont bien plus que leur statistiques économiques et sociales. Pourquoi je ne retiens pas les dates en Histoire ? Parce que Karl Marx a raison quand il parle de matérialisme historique. C'est toujours les mêmes mécanismes en boucles. Des gens qui veulent dominer d'autres gens pour avoir plus de pouvoir, d'argents ou imposer leur religions. Je sais ce qui se passe, mais tout n'est qu'une boucle, alors peut-être que l’événement a eu lieu en 1956, mais c'était déjà le cas cent ans plus tôt, et ce sera toujours le cas cent ans plus tard.
Ils veulent m'apprendre à être politiquement correct. Je ne veux pas être politiquement correct. Je voudrais bien qu'on dise tous la vérité pour une fois. Et là, je suis vraiment mais vraiment fatigué.