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15/04/19

Notre Dame brûle. Tout le monde en a entendu parler, ça fait le tour des infos. Et mon dieu, qu'est-ce que c'est cynique putain. Je suis dégoûtée. Parce que, évidemment, Notre Dame, c'est notre histoire, ça compte. Sauf qu'il n'y a pas eu de blessés. Mais y'a combien d'incendie avec des morts, des vrais êtres humains, qui ont perdu la vie, et on en parle à peine dans le journal local ? Et donc, là un bâtiment prend feu et c'est la fin du monde ?

Si tout allait bien en France, ou à peu près, je ne dirais rien. Parce que moi non plus, je ne suis pas heureuse de voir la cathédrale brûler. Mais y'a des gens qui crèvent de faim dans la rue, des gosses qui sont obligés de faire la manche, et tout le monde s'en tape. Par contre un bâtiment, c'est important, ça oui. C'est notre histoire, c'est notre passé... Bien sûr que c'est important, et vu comment je tiens à mes cours d'histoire, ce n'est pas moi qui irait dire le contraire ! Mais je n'en peux plus de ce foutage de gueule constant, et je voudrais dire à tous les autres, ceux dont on se fout "Non. Non putain, vous n'êtes pas moins important qu'un assemblage de pierre qui prend feu. Non, vous valez bien plus qu'une cathédrale. Et la moitié de ce pays pleurerait moins si vous aviez cramé à la place du bâtiment, mais non, pas moi."

On dirait dans l'univers d'Hunger Games la relation district-capitole. On est là dans nos district, à essayer de travailler autant qu'on peut, à essayer d'avoir un avenir, et si ça ne marche pas, ils ne nous regardent même pas. Ils nous sacrifient chaque mois, en nous laissant à combler l’évasion fiscale qu'ils ont crée par nos impôts, en nous laissant sombrer, et pourtant, on les regarde avec admiration. On pleure quand l'un d'entre eux meurt (salut Johnny) quand leur bâtiment sont en feu. Peut-être que je suis extrême, je l'ai toujours été. Mais là, je trouve que c'est beaucoup à avaler.

Désolée, Notre Dame, tu sais bien que pour moi, tu comptais un peu. On ne s'est jamais rencontrée toi et moi, mais je sais que tu faisais partie de ma France aussi. Je m'excuse, mais tu comprends bien, comment veux-tu que je pleure parce que tu brûle, quand le reste du pays se noie ?

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