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06/09/19

Un pieds devant l'autre Astrale. Toujours un pieds devant l'autre. Et tu finis par espérer qu'un coup de vent te fasse chuter de la corde sur laquelle, difficilement, tu tiens, mais il n'arrive pas, alors un pieds devant l'autre jusqu'à tomber, parce que c'est ce que tu as appris. Et tu finis par prier pour qu'on te pousse, mais alors tu réalises à quel point tu pries pour blesser tes proches, et tu te sens comme une connasse égoïste. Tu ne seras jamais rien d'autre que ça, mais alors au moins, t'arrête de prier et tu te contentes d'apprendre en silence. Quand au lycée, ils disent que tu te "tues à la tâche" ou que c'est à "mourir de rire" dans ta tête, tu penses "si tu savais". Mais tu ne dis rien. Ce n'est pas que tu veuilles vraiment mourir, au fond. Mais dans cette situation, le monde est bien binaire. Il y a les morts, et les vivants. Toi, tu sais juste que tu ne veux pas être vivante. Morte, ou autre chose, ça t'importe assez peu. Mais tu ne veux pas faire partie de ça. De ce putain de monde. Des ces institutions qui font froid dans le dos, de cette humanité qui ne te comprends pas plus que toi tu ne la comprends. Et tu te sens hypocrite de continuer à jouer son jeu, alors que tu as déjà compris de les règles sont tordues. Parfois, tu penses qu'il aurait mieux valu que tu naisses à une autre époque. Souvent, tu penses qu'il aurait mieux valu que tu ne naisses pas du tout. C'est mathématique, au final. Tu vois le visage de tout ceux qui t'aiment, et tu te dis qu'ils ont besoin de toi pour combler un trou qu'ils ont dans leur poitrine. Si tu n'étais pas née, le trou aurait quand même existé. Et alors, ils auraient du trouver autre chose pour le remplacer. Et ils l'auraient fait. Tu ne serais pas là, eux si, et à ta place ils auraient des personnes saines et admirables. A la place, ils t'ont toi, et c'est loin d'être glorieux. 

Encore une fois, c'est pas que tu veuilles mourir, simplement vivre des fois t'en peux plus. Tu ne sais même pas à qui demander de l'aide, alors tu ne dis rien. Et t'es consciente que t'es trop conne, parce que tu sais à quel point c'est dur quand tes potes se referment sur eux même. Ils n'ont juste pas les mots, ce n'est pas un crime au fond. Souviens toi de l'époque où tu croyais que vous pourriez chercher ensemble... Et rappelle toi que tu es la seule idiote à avoir besoin de tout formuler. Tu voudrais les antidépresseurs. Histoire de t'engourdir un peu. Mais tu peux pas, et puis t'as honte, et tu dis rien. Tu manges et tu voudrais juste vomir, mais tu dis rien. Et à tes amis, toujours pareil. "Je suis fatiguée" quand tu veux mourir, "ça va" quand ce n'est pas le cas, "pas grave" quand au fond t'es blessée. Tu envoies ta douleur au fond pour t'occuper des autres, parce que ça t'aide aussi. C'est ce qui te sauve, de t'occuper des autres, de les aimer tout le temps. Et puis un jour, ça marche plus.

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