Non, sérieux, j'ai vu un article sur twitter qui demande s'il faut oui ou non continuer à enseigner le sport dans les écoles, collèges, et lycée. Ma première réponse, instinctive, c'était oui. Mais ça c'est parce que je suis en terminale et j'ai passée une année avec un prof attentif à la fois aux progrès que nous faisions et à notre santé. Est-ce que j'aurais dis oui, les autres années ? Donc, je me suis dit que c'était une question qui méritait réflexion.
Pourquoi le sport c'est parfois dangereux ?
Je m'explique. On a tous déjà vécu ces moments, en sport, ou deux capitaines d'équipes doivent choisir leurs joueurs. Et on a tous connu cet instant gênant, où, après avoir choisi tous les bons joueurs, ne reste que "les autres" et où le débat est de choisir lequel est le moins nul. Rien que ça, c'est super humiliant. En plus, vient un autre problème. Quand une équipe perd, elle vient toujours à blâmer les moins bons éléments, et à l'inverse, en cas de victoire, on vient à féliciter les meilleurs, laissant les autres pour compte. Et personne n'apprends que, victoire ou défaite, c'est l'équipe ensemble qui l'obtient. Parce que oui, si untel n'avait pas raté sa passe, on aurait peut-être gagné. Mais si j'avais marqué un panier en plus, on aurait peut-être gagné aussi.
Dans mon lycée, j'ai eu piscine au deuxième trimestre de seconde. Sur le trajet jusqu'à la piscine, on entendait des garçons dire "moi j'ai choisi piscine juste pour mater". Je parle des garçons, mais certaines filles n'en pensaient pas moins. Au retour, on les entendait comparer la taille de nos seins. Le sport, c'est la seule matière qui mets notre corps en action, et donc, tout le monde se permet de le juger. On peut aussi parler de la lutte, qui dans ma classe de troisième était en équipe mixte, et où je ne pourrais pas dire qu'il n'y a pas eu d'attouchements qui auraient pu être évités. Je précise que les groupes étaient mixtes, mais j'ai vu aussi des garçons profiter d'une prise pour toucher d'autres garçons et s'exclamer "elle est pas si petite que ça, finalement".
"Elle est trop grosse pour courir". "Vous avez vu, elle est dans le groupe des nuls". "Putain, mais tu mets pas un panier dedans". "Flemmard". Des phrases, qu'on entend dans la bouche de profs et d'élèves. Et puis souvent, c'est un barème unilatéral le jour de l'examen. Demi fond : tu cours deux mille mètres en moins de tant de temps, 20. Sinon moins. Les limites des élèves sont pas toujours les mêmes, et, surtout au collège, c'est rare que ce soit pris en compte. D'ailleurs, je ne parle pas que des limites physiques. Est-ce que cet ado mal à l'aise dans son corps pourra faire cette chorégraphie en danse ? Est-ce que cette fille transgenre se sentira capable de jouer avec les garçons quand les sports ne sont pas mixtes ? "Laisse tous tes problèmes hors du gymnase" m'a-t-on dit. Pourtant ce n'est pas possible. Et mon état mental influe mes capacités physique.
Mais pourquoi le sport c'est nécessaire ?
Parce que de nombreux parents ont pas les moyens de payer le sport en assos à leurs enfants, et que ça aide à maintenir une bonne santé, et ça c'est important. Parce qu'aussi, apprendre à connaître les limites de son corps, c'est important pour ne pas les dépasser. Et parce qu'on sait que c'est en sport que sont le plus souvent détectés les problèmes de violences familiales, d'automutilation, et d'anorexie.
Personne n'est nul en sport. Je suis infichue de smasher au volley. Donc au collège, on m'a dit que j'étais nulle, j'ai eu six. Au lycée, on m'a dit que je serais peut-être plus douée en temps que passeuse. En gymnastique, je suis définitivement à chier. Pas d'équilibre, pas très gracieuse, bon okay. Mais en step je m'en sors. (enfin quand je fais pas de malaise). Je peux pas faire de course d'orientation sans faire de malaise. Au collège, j'ai eu dix alors que la moyenne de classe était de quatorze. Au lycée, on m'a fait une dispense partielle et j'ai fait de la marche d'orientation. J'ai eu quinze. Quand c'est fait correctement, le sport ça prouve qu'on peut réussir des choses, être utile à une équipe à notre mesure, et ça donne confiance en soi.
Quand l'esprit d'équipe est enseigné comme il faut, on apprend à se découvrir soi-même et les autres, et être dans une équipe c'est bénéfique pour le moral. Et puis pour réveiller des passions, des talents, et du plaisir. Sans le sport à l'école, on ne pourrait pas découvrir à quel point on peut aimer se dépenser, se vider la tête. Aussi parce que dans un quotidien stressant et compliqué, ça peut être nécéssaire, deux heures par semaines pour se défouler.