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Partie 19

 

 

 

Sa couleur des sentiments était rouge, comme un rubis aux milles facettes.

 Ils s'allongèrent sur le sol et attendirent que l'aube se lève. L'herbe mouillée imprégnait leurs vêtements, les faisant doucement frissonner, mais la sensation était agréable. Emy avait serré sa gourmette entre ses lèvres. Des larmes commencèrent à inonder ses yeux, sans raison particulièrement apparente, et comme les gouttes de rosée, elle perlèrent sur ses joues rondes. Le garçon prit tendrement sa main, tandis que ses yeux posaient une question à la fois douce et muette.

-Je sais pas si tu peux comprendre ça pour le moment Anthony, mais... Elle me manque... Sa voix, son sourire me manquent. Elle était belle et douce, et avec ses longs cheveux blonds, quand elle venait me consoler après un cauchemar, j'étais persuadée que c'était une ange auréolée descendue du ciel, mais non, c'était juste ma mère, et je sais pas comment je vais faire sans elle. Sans son odeur pour me réconforter... Je venais de la perdre la première fois qu'on s'est rencontré toi et moi, et puis maintenant que mon père est parti, je me sens si incomplète. J'ai envie de hurler tellement j'ai mal, et tellement j'ai peur, envie de me déchirer les poumons, parce qu'honnêtement je suis perdue. Je ne veux pas suivre une étoile, je veux que mes parents m'indiquent la route. Comment est-ce que je suis censée me relevée alors que la première chute m'a détruite et la deuxième, elle, m'a totalement achevée ?

-Je ne parle pas au nom des morts, et je ne peux pas te dire qu'ils seraient fiers de toi, mais je crois qu'ils t'aimaient Emy. Alors, peut-être que tu peux prendre cette certitude, la chérir au plus profond de toi, et y puiser la force d'avancer.

 Elle se redressa, surprise, elle qui ne s'attendait pas à une réponse. Et elle se demanda pourquoi lui tenait encore debout. Si ses sentiments ne l'avaient pas motivés jusqu'alors, comment avait-il survécu ? D'où lui venait cette force intérieure ? Leur relation s'était bâtie sur les silences, et c'est pourquoi il comprit la question qu'elle n'avait pas posée.

-Je ne suis pas comme toi. Je n'ai pas besoin de raison pour avancer, parce que je ne connais pas le désespoir, alors pourquoi renoncer ? Vivant ou mort, ça ne changeait rien pour moi. Et puis j'ai toujours eu un respect infini pour ma maman, et je ne me serais jamais permis de l'abandonner comme mon père l'a fait. Lui, c'était un connard, et moi, je suis peut-être un monstre, mais je ne veux pas lui ressembler.

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