Pardon, je m'excuse je voulais pas. Désolée, pour les "nique ta mère" qui sortent comme des signes de ponctuations, qui résonnent si souvent dans ma bouche qu'ils y semblent presque naturels. Je n'ai aucune circonstance atténuante, juste ma connerie, à chaque fois que cette expression passe mes lèvres. Je sais bien que tu l'as perdue ta maman, et que ça te fait mal à chaque fois. J'essaie, pourtant. De contrôler ma langue, qui va trop vite pour moi, ou mes éclats de colères, qui me noient. Tu sais, tu le sais que je n'ai jamais voulu te blesser n'est-ce pas ?
Pardon, je m'excuse, je voulais pas. Désolée parce que je suis si froide parfois. C'est juste que je deviens folle là dedans. Dans mon corps qui veut rien dire, dans ma tête en vrac, et je sais. Un jour je vais finir par exploser, mais toi, tu pourras pas supporter les dégâts. Je veux dire, quand je serais devenue une terre brûlée, tu pourras pas me réparer. Pas parce que je ne t'aimes pas assez, mais parce que tu es déjà si abîmée, et t'auras déjà du mal avec toi même, alors parfois je veux m'éloigner, pour pas te briser.
Pardon, je m'excuse je voulais pas. Désolée d'être si faible, souvent. J'y peux rien, l'idée même de vivre me fait trembler, je n'ai aucune envie de résister. Je suis désolée que tu doives porter ça, mes coups de blues et mes coups de barres. Mes crises de larmes pour de la merde aussi, mais ça c'est parce que je suis pas assez, tu le sais. Et puis pas assez c'est déjà trop, je n'ai jamais compris, j'aurais du faire mieux, mais je peux pas, personne ne m'a jamais expliqué comment faire.
Pardon, je m'excuse je voulais pas. Désolée d'être autant moi.