On repart sur les mêmes articles, je sais mais j'ai besoin d'en parler, besoin de dire que je me sens apaisée. Je vous remercie pas assez, je le fais même jamais mais c'est juste parce que je sais pas comment faire. Honnêtement, juste merci, juste ma voix ce serait tellement loin d'être assez pour exprimer le fait que vous avez tout changé. Vous avez ses yeux. Vous le saviez ? Ses yeux exactement. La même forme, la même couleur. Et vous lui ressemblez. En fait, vous lui ressemblez tellement que quand j'ai su que vous seriez notre professeur, j'ai pleuré dès que je suis rentrée chez moi. J'ai hésité à sécher tous vos cours. Je veux dire, vous n'êtes pas lui, vous ne lui ressemblez au point qu'on puisse vous confondre, mais vous étiez tout ce qu'il était. Plus âgé, beau, la moitié des filles vous regardaient en bavant. Et j'étais terrifiée. Je peux exactement vous dire à quel moment ça a changé. Quand vous m'avez regardé dans les yeux et que vous m'avez promis que vous ne diriez rien à personne. A ce moment là, j'étais désespérée et en pleine crise de panique, alors je vous ai cru. Même si vous avez ses yeux. J'ai décidé de vous croire parce que je n'aurais jamais survécu sinon. Or je suis une personne un peu extrême. Quand je donne ma confiance, je la donne entièrement. Je connais à peine le principe de méfiance, et je suis incapable de l'appliquer. Donc je vous ai fait confiance, et vous avez été sincère. Toujours. Quand vous avez reconnu que vous ne pouviez rien faire, quand vous m'avez fait rire, quand vous m'avez vu pleurer. Chaque fois. Vous avez toujours été sincère. Et je me sentais pas comme une élève avec son prof, j'avais l'impression d'être un humain à part entière. Et vous ne me devez rien, jamais. Mais vous faites le choix de m'aider tout le temps, et je ne comprends pas pourquoi. Qu'est-ce que vous voyez quand vous me regardez ? Vous m'avez dit que vous ne voyez pas une gamine dépressive, ni une tarée, mais qu'est-ce que vous voyez qui vaille tous les efforts que vous sortez de vous ? Parce que je sais, quand vous m'avez parlé de votre rupture, que vous avez accepté de donner un truc de vous que votre conscience professionnelle ne vous forçait pas à donner.
Je sais pas pourquoi vous faites ça, mais merci mon dieu, merci, merci, merci.