L'odeur de l'herbe sous le soleil. C'est la première chose qui me revient quand j'y pense. Pourtant, il ne faisait pas si chaud, parce qu'un léger vent d'ouest venait soulever ma robe de satin blanc, ou parce que l'air était rafraîchi par la rivière qui s'écoulait paresseusement. Je retirai mes ballerines pour avoir la sensation de la nature sous mes pieds. J'étais heureuse, c'est vrai, pourtant, je n'y pensais pas. Je ne pensais pas. La pensée était bannie de ce lieu. Il n'y avait que le ciel, au dessus, et la terre en dessous. Le monde tout autour. Nul besoin de tendre l'oreille pour entendre le vent et le chant des oiseaux, mais, en étant un peu plus attentif, il était possible de percevoir, ici ou là, le bruit d'un faisan, ou le croassement d'une grenouille. C'était mon coin de paradis.