Et donc, il faisait beau. Dans ces moments là, il fait toujours beau. Moi je marchai tranquillement dans la rue, et je les ai vu. Ils marchaient main dans la main en riant ensemble, et je ne sais pas, j'ai eu envie de vomir. Je ne sais pas, j'ai eu envie de les insulter. Pourtant je ne les connaissais pas, mais lui qui passait un pull autour de ses épaules, et elle, avec ses bijoux, or et diamants brillants, ça m'a dégoûté.
Je trouvais ça tellement injuste. Ils étaient adolescents, tout comme moi, tout comme tous mes amis. Mais ils marchaient dans les rues avec leurs vêtements trop chers, leur parfum qui valent plus cher que mon existence, et ils avançaient comme si le monde leur appartenait, et ça m'a brisé le coeur. De les voir si respectueux, si entiers.
J'ai trouvé ça immonde parce que chez moi, les filles se taillent les veines et se font reluquer, et les garçons vont à la musculation et baisent. Et on se trompe, et on se quitte, et on se brise. Et les réputations sont fragiles comme le cristal et pourtant, elles sont tout ce que nous avons. Et chez nous personne ne se tient droit, et notre vie ne nous appartient déjà pas alors le monde, n'en parlons pas.
(EDIT : je triche je mets cet article au 16 même si de base il est du 17)