Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

L'article du come back

 Peut-être que vous ne vous êtes même pas rendus compte que j'avais disparu, et honnêtement, ce n'est pas grave, même moi je ne m'en serais aperçue. Surtout que si on regarde le calendrier à votre droite, on peut voir que je ne suis même pas vraiment partie pour vous. 

 Pour être honnête, je suis partie... Allez, quoi ? Trois jours ? Quatre ? Pas plus. Samedi soir, en fait (ou plutôt dimanche matin puisqu'il devait être minuit et des poussières) jusqu'à maintenant. 

 Enfin... Partie... Pas en vacances, évidemment. En enfer. Du moins, dans mon enfer personnel. Du moins, c'est là qu'à aboutit mon voyage. Si ça vous intéresse, je vais le raconter. (Faux, je vais le raconter dans tous les cas, mais c'est toi qui choisit de lire ou non.)

 Donc, après avoir prévenu mes amis (le but n'étant pas de leur faire peur évidemment, je ne voulais pas qu'ils s'inquiètent pour rien), j'ai simplement cessé de répondre aux messages, je me suis juste assise dans mon lit, et pendant toute la nuit, j'ai réfléchi. J'ai pensé à crever, globalement. (Désolée, c'est super glauque). Mais, pas simplement « J'ai envie de mourir ». Je me suis posée la question : est-ce que ça vaut le coup de rester ou pas ? J'ai vraiment réfléchi. Pendant toute la nuit, j'ai alterné entre « oui, évidemment, tu as le droit d'arrêter de souffrir toi aussi », et « non, bien sûr que non, pense à ceux qui t'aiment ». Et au matin, j'étais parvenue à une seule conclusion : j'étais incapable de me décider. Je ne sais pas vraiment comment, m'est venue la métaphore d'un juge essayant d'arbitrer une affaire compliquée. Et donc, quel est l'adjectif qui devrait qualifier tous les juges ? Impartial. Il était cinq heures trente, et je venais de réaliser que je réfléchissais avec mes sentiments, ce qui est la pire chose à faire pour prendre une déscision. Il était cinq heure trente, je n'avais pas dormi une seule seconde, et dans un quart d'heure, je partais travailler (une journée qui fut difficile, je peux vous l'assurer). Et toute la journée, j'ai mis mon plus beau sourire de façade, et je me suis mise en pilote automatique. Saluer les clients, les satisfaire, rendre la monnaie. De faux pas en faux pas, ma conscience était réfugiée dans ma tête, et j'essayais d'analyser les moindres détails qui pouvaient faire pencher la balance du côté de la vie ou de la mort. Au delà de moi, de ma douleur, de ma peine, mais aussi de mon futur puis que rien de tout cela n'avait, ni n'a, ni n'aura jamais la moindre importance. Ce qui compte, ce sont les conséquences. Jusqu'à midi, j'avais plusieurs arguments qui touchaient la mort : ne plus être cette déception constente, ne plus infliger à personne mon corps ou ma voix, ne plus blesser ou faire de mal à personne, éviter les futures erreurs, ne plus être un poids financier. Mais surtout des arguments pour la vie. Le premier, le plus important : j'ai vu un Ayden heureux après son concert. Comment pourrait-il continuer à être heureux si je me suicide ? Ensuite, mes parents ont besoin de moi cet été, donc si je devais finir par me tuer, ça attendrait la rentrée. Ils ont mis beaucoup d'argent dans la prépa que je vais suivre, donc je ne peux pas leur faire ça. Je veux donner mon corps à la science, mais mon père ne veut pas, donc si je meurs maintenant, je serais aussi inutile décédée qu'en vie. Beaucoup de mes personnages attendent qu'on finisse leur histoire, je laisserai énormément d'inachevé en partant. Au final, tous mes arguments se valaient. Et pourtant, je suis toujours incapable de m'imaginer encore en vie dans trois jours. J'ai donc fini par comprendre que je n'essayais pas de décider si j'allais vivre ou mourir, mais si j'allais abandonner ou continuer à me battre encore un peu. Tout mon corps, et toute mon âme, et tout mon esprit m'ont hurlé, me hurlent encore aujourd'hui d'aller crever. (C'est le principe de l'hédonisme : recherche du plaisir, et fuite de la douleur – j'essaie juste de ne plus avoir mal et d'assouvir un désir certain.) C'est comme ça que je me suis retrouvée à vingt trois heures, assise sur mon lit, de la musique dans mes oreilles, avec une lame sur mon avant bras posée sur mon avant bras. Je voulais juste relire ma lettre pour être sûre que, bien que personne ne la comprendrai jamais, elle soit -horrible, hideuse, débile, chiante à mourir- moi. Et puis la chanson « Leave the City » de Twenty one Pilots résonnait dans ma tête, et forcément, j'ai pensé à Ayden. Stupidement peut-être, je ne voulais pas mourir sur une chanson de Trench, je ne voulais pas souiller quelque chose qu'il aimait tellement. Et j'ai entendu « For now, I will stay alive ». Je me suis rappelée qu'il pensait à moi quand il disait « I'm alive ». J'ai mordu mon oreiller et j'ai hurlé. Je me suis tellement haïe à ce moment là, tellement que j'ai repris la lame que j'avais lâchée à une vitesse folle, avant de réaliser un truc. Astrale, tu n'es pas unique. Ta « dépression » (si tant est qu'elle existe, mais on en reparlera plus tard), d'autre l'ont traversée et s'en sont sortis. Ce qui ne veut pas dire qu'ils vont mieux, mais qu'ils ont survécu. Et, heureusement pour toi, ils sont encore là pour en parler. Alors j'ai écouté tous les albums de tøp. (Et No Phun Intented, de Tyler). Dans l'ordre. En comptant mes crises de larmes et de paniques, ça m'a pris environ sept heures. J'ai commencé à 23 h 30 pour finir à six heures trente.  Et je me suis dit que j'en était encore à la passade NPI mais qu'un jour j'arriverai peut-être à Trench. Si j'essayais de rester encore un peu. (je parle dans un sens métaphorique, évidemment, je ne prétends pas avoir un dixième du talent ni de Josh, ni de Tyler, en quelque matières que ce soit, et encore moins pour l'écriture de texte ou pour la musique). Je me suis imaginée qu'un jour, quand je demanderai qu'on me sauve, ce ne soit pas une façon déguisée de dire « Tue moi ». Et j'ai eu envie d'atteindre l'ère de Trench. Ce moment ou la dépression est toujours là, t'enferme, mais où tu vois l'espoir. Ensuite j'ai écouté toute la discographie de Fauve. Et après j'ai enfin respiré. (je sais que je devrais écrire plus que deux phrases sur Fauve, mais en même temps, tout est dit : ils me font respirer.) Et donc, je suis arrivée au point où j'étais tellement perdue, je ne savais juste plus quoi faire, entre mon corps et mon esprit qui restait bloqués sur ma mort et mon âme qui murmurait tout bas de continuer, encore juste cinq minutes, et puis que de cinq en cinq j'irais au bout du monde. Donc j'ai mis Panic! At The Disco. Pas toutes, évidemment, de toute façon, il était déjà dix heures cinquante et j'avais encore pas dormi. Seulement celles que je préfère. Et comme une conne, je me suis endormie, et quand j'ai ouvert les yeux, deux heures plus tard, j'étais toujours en vie, et mon petit frère toquait à la porte de ma chambre pour savoir ce que je voulais manger. Donc j'ai compris que je ne mourrais pas pour le moment (hors de question que ce soit lui qui me trouve, le pauvre, c'est pas l'héritage que je veux lui laisser). Et je me suis dit que quitte à vivre, si je suis incapable d'être heureuse, autant expérimenter le malheur jusqu'au bout.

 Par conséquent, j'ai plongé en enfer. Je crois pas que j'ai envie d'écrire sur ce qui s'est passé, ça viendra peut-être plus tard, mais je sais pas, ce n'est pas un truc que tu peux juste balancer comme ça, publiquement. Je sais pas, ça se raconte bien sûr, puis ça me ferait peut-être du bien d'en parler... Mais ça s'explique avec des questions, si on me demande ce que j'ai vécu, ça se dit par petites touches, à mots couverts. Je peux juste dire que je me suis fait tellement peur. Je suis juste restée enfermée dans ma chambre, je me suis pas lavée, j'ai pas mangé du tout. (Je suis vraiment incapable de prendre soin de moi, c'est fou). Même aujourd'hui, mon bilan calorique, sur mon apli, me dit que je devrais manger trois fois plus. J'ai pas dormi, ou alors si, je sais plus, tout est tellement confus.

 Ce que je peux dire aussi, par contre, c'est que l'enfer était volontaire. Je voulais plonger au plus bas. La première raison, c'est que quand tu vis au purgatoire, tu oublies qu'il y a pire. Maintenant, à chaque fois que j'irais mal, je pourrais me dire « souviens toi de la nuit du vingt deux au vingt trois juillet ». Et puis y'a autre chose, mais vous allez me trouver bien trop tordue. C'est juste que, je me sens pas humaine, tellement j'ai tout le temps l'impression d'être inférieure à tout le monde. Et ces moments en enfer, c'était une genre d'expérience dont j'aurais été le cobaye. Je suis vraiment horrible avec moi-même, et j'arrive même pas à m'en vouloir, parce que j'ai absolument l'impression de mériter tout ce que je me suis fait.

 Enfin. Volontaire, non. L'enfer est ma mutilation. En quelque sorte. Je n'ai pas la moindre idée de si c'est plus ou moins violent que de scarifier. Mais dans l'idée, là où d'autre se mutilent, je me plonge en enfer. Donc, ce n'est pas tellement volontaire, je suis incapable de m'en empêcher.  Mais, il y avait quelque chose de voulu : couper le contact avec mes amis pour que personne ne puisse me soutenir, par exemple. C'est pour le contrôle. Je veux dire, je contrôle pas mes sentiments, les évènements qui m'arrivent, mon envie de mourir ou ma dépression. Mais si je fais une pause loin de mes amis, quand ça deviendra vraiment trop dur, je pourrais arrêter, de mon propre choix. Améliorer la situation. D'ailleurs, c'est pour ça que je reviens maintenant. Je n'en peux vraiment plus. Sauf que non Astrale. A jouer les égoïstes, t'as oublié que tout ne dépendait pas de toi, et que d'autres gens pouvaient disparaître s'ils voulaient. Que d'autres gens pouvaient essayer de se préserver un minimum, et que ça pouvait inclure d'être loin de toi; et en fait t'as aucun contrôle sur l'enfer.

 Voilà, ça fait un article immense, désolée, mais c'est juste pour raconter comment est-ce que, à la base, j'ai voulu réfléchir à s'il valait mieux mourir ou survivre, et qu'est-ce qui a découlé de cette question, ou j'en suis arrivée.

 Mais maintenant je suis revenue. J'aimerais bien dire que je vais mieux. C'est absolument pas le cas. Tant pis. Je jurerais bien « plus jamais ça » mais l'envie de m'auto-détruire est déjà redevenue si puissante après à peine une heure que j'ai laissé tomber.

P-s : désolée pour cette article trop long, désolée pour ce style détaché et vide d'émotion qui ne me correspond pas, mais j'aurais été incapable, de toute façon, de retraduire ce que j'ai ressenti.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article