Hey Raph
Dis moi, tu te souviens de cette fois où tu m'as dit que personne m'aimerait jamais avec mes cicas, trois ou quatre jours après le viol ? Tu m'as dit d'arrêter de jouer avec mes veines, que personne ne voudrait de moi avec ça. C'était l'époque ou j'avais pas de lame, seulement un compas, pas si douloureux que ça. J'avais même fini par t'écouter, et finalement, à la fin des vacances d'été, il ne restait plus de traces de rien du tout. Je sais que c'est con, mais c'est aussi pour ça que c'est tellement difficile d'arrêter maintenant, parce que je me dis que si je le fais, ça voudrait dire que je t'obéis encore en un sens, et cette idée me dégoûte.
Mais, tu sais Raph, même avec ces putains de cicas, on m'aime. Mes potes savent qu'elles sont là, et ils sont loin de me détester pour ça. Ils veulent que j'arrête, mais ça veut pas dire qu'ils sont déçus de moi si j'y arrive pas. Ma copine m'embrasse et me câline, peu importe que cette merde soit là où non. T'avais tort. T'avais putain de tort.
Et puis, tu te souviens quand tu m'as dit que j'étais une "grosse pute en quête d'attention". Je dis pas que c'est faux, sauf pour la partie pute, parce que jusqu'à preuve du contraire, j'étais puceau jusqu'à toi, et si t'avais pas été là je le serais encore, et quand bien même, je me ferais pas payer. Pour la partie gros, bon. On en dira ce qu'on voudra, je suis quand même giga loin d'être mince. Et évidemment, je suis en quête d'attention. Mais c'est toi qui m'a rendu comme ça. Enfin, j'ai toujours été plutôt insécure, on va pas se mentir. Cependant, avant toi, je m'en sortais Raph.
Mais malgré tout, laisse moi te dire un truc. Un truc qui fait plus mal que tout à dire... Tu me manques Raph. Vraiment très fort. Je sais que t'étais une grosse illusion, que les mots gentils que tu me disais au début, ceux qui me faisaient me sentir bien, étaient totalement faux. Sauf qu'en un sens tu me manques. Et il me faut énormément de courage pour le reconnaître tu sais. Parce que j'ai jamais été amoureux de toi, jamais. Mais un moment, j'ai cru que tu pouvais m'apporter le soutien dont j'avais besoin, j'ai cru en toi. Je tenais à toi du plus profond de mon âme, et le pire, c'est qu'après tout ça, après ton corps littéralement dans le mien, avec ton meilleur pote qui filmait, après le chantage et les menaces, je veux toujours pas qu'il t'arrive du mal. J'ai pas raconté tous les détails sordides de l'histoire, j'ai juste dit les grandes lignes à ceux à qui je faisais confiance. Et je ne veux plus jamais te revoir. Mais des fois, quand je me réveille d'un cauchemar, j'ai envie de t'envoyer un snap pour que tu me dises que tout ira bien. Avant de réaliser que toi, tu as fait de ma vie entière un cauchemar qui s'arrête jamais, même quand je me réveille. Mais quand je suis trop dans le flou pour penser, pour réfléchir, c'est ton nom qui vient dans ma tête.
Je suis tout seul dans ma chambre là maintenant, mais si y'avait quelqu'un avec moi, je le supplierai de me féliciter, d'être fier de moi. Parce que t'es pas le seul qui a pu me faire me sentir bien. Et puis parce que j'ai plus besoin de ton approbation. C'est pas toi qui doit être fier ou avoir honte de moi. Je vaux mille fois mieux que ça. Alors oui, tu me manques, et t'as fait en sorte de mettre une énorme culpabilité en moi à cause de ce rapport qu'on a eu, et je continue à t'appeler Raph comme pendant qu'on était ensemble. Mais je grandis. Sans toi Raph. Sans toi.