"Est-ce que tu me détestes ?"
Je ne sais pas quoi te répondre. Je voudrais être honnête. J'ai peur que cela te brise en deux. Je ne sais pas. De toute façon, même par message, je ne suis pas capable de te mentir.
"Oui. Une part de moi te déteste"
Tu me dis que je suis blessante. Tu ne comprends pas. Qu'y a-t-il à comprendre ? Mes mots sont simples pourtant. Une part de moi te déteste tellement fort qu'elle voudrait que tu n'aies jamais été là. Une part de moi t'en veut d'être ce que tu es, de m'avoir fait ce que tu m'as fait. Je déteste ton égoïsme, comme si tu vivais toujours des choses horribles que j'étais incapable de comprendre, et comme si tu étais si accaparée par ces choses horribles que tout mes problèmes ne valaient rien. Dois-je compter les fois où je t'ai demandé comment tu allais, et où tu as simplement répondu "Mal". Mon état t'importait si peu. Dois-je te rappeler, le jour de la coupe du monde, comment tu as réagi pendant que je voulais te parler ? Toutes les fois où tu m'as dit que ce n'était pas le moment ? Ce jour où tu m'as dit que tu étais incapable d'être heureuse pour moi, et que mon bonheur gâchait la mort de Tony Stark ? Et puis, tu n'arrêtais pas de me prendre à parti dans des disputes stupides, sans comprendre que je ne voulais pas. Sans comprendre, surtout, que je serais toujours de son côté. Je t'ai confié ma vie. Si tu meurs, je meurs. Oui. Mais sans lui, même en respirant, je ne suis pas vivante. Et parce qu'il ne m'a jamais, jamais, au grand jamais mis plus bas que terre, volontairement, ou pas. Alors je te déteste encore plus quand tu viens avec ta jalousie, me demander de te faire passer devant lui. Tu n'as pas le droit, ni maintenant, ni jamais, de tenter de m'éloigner des personnes qui me font me sentir vivante ! Je te l'interdis.
Alors oui, je te déteste.
Evidemment une part de moi t'aime, sinon, je ne continuerai pas à te parler. J'aime pouvoir rester au téléphone avec toi sans rien dire et sans que ça soit gênant. J'aime te mettre mal à l'aise. Je t'aime, toi parfois. Quand tu ne joues pas les égoïstes, ou la fille jalouse. Quand tu ne me critiques pas parce que je suis honnête. Dans ces moments-là je t'aime. J'aime quand tu prends soin de moi, même si j'ai l'impression que ça fait longtemps que ça n'est pas arrivé.
Et tu m'as tellement blessée aussi. J'en pleurais au lycée. Personne ne comprenait pourquoi je ne me contentais pas de te bloquer. Je l'ai peut-être fait, je ne m'en souviens plus. Et voilà que dès que je reviens vers toi, je me retrouve à pleurer encore. Et au final, je n'ai même pas l'impression que tu veux te battre pour moi.
Mais tu sais, je ne me bats plus contre des moulins. J'en ai assez. Vraiment assez.