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Breakdown - 17 ans

Lysandre est au plus bas, il boit et il fume sans arrêt, il est terrorisé.

Encore bourré, même plus étonné de me retrouver allongé dans mon lit, le blanc des yeux rouge. Alex me regarde, je vois bien qu'il a mal et ça me brise le coeur. Je ne voulais pas le blesser, vraiment. 

-Eteins moi ce joint, Lys. S'il te plaît.

J'ai envie de lui hurler dessus, de lui dire que non, je ne vais pas faire ça, que je veux me shooter encore et oublier. Oublier, et fumer. Mais je hausse les épaules, et je l'écrase à même ma main. Je ne sais même plus pourquoi je fais ça, mais ça m'apaise. La douleur est réelle, enfin un truc vrai dans ce monde d'illusion, où tout s'efface dans un sombre brouillard. La douleur me rassure. Savoir ce qui est réel autour de moi me rassure. Mon esprit va trop vite, et le monde trop doucement, alors peut-être que le monde ne tourne pas, peut-être qu'il est immobile pendant que j'avance, peut-être même qu'il n'existe pas et que tout ce qui existe c'est moi. 

-J'ai peur, je chuchote doucement. 

Une main à la fois ferme et douce attrape la bouteille dans ma main pour la poser sur la table de chevet, ramasse et jette les mégots qui traînent, puisque un grand garçon se glisse avec moi sous les couettes. Je ne peux pas réprimer un mouvement de recul. Parce que si on se touche et qu'il se dissout sous mes doigts, ça prouvera que lui non plus n'était pas réel. Il l'ignore totalement et me serre dans ses bras. Et là, je commence à me débattre comme je ne me suis jamais débattu, je lui hurle que je ne veux pas qu'on me touche. Je ne veux pas qu'on me touche, je veux qu'on me laisse respirer, il m'étouffe, il m'étouffe, je ne veux pas de sa peau, de son odeur, je continue à me débattre et à hurler, et il ne me lâche pas. Alex a toujours su faire ça. Savoir quand est-ce que mes "Dégage" signifient "Ne m'abandonne pas". Je n'en ai même pas conscience, mais lui, il le sait. Il ignore totalement ce que je hurle et il me maintient contre le lit, me laisse me débattre et hurler, m'épuiser, puis soudain sangloter contre son torse. Il connaît les moindres recoins de ma terreur, il me berce jusqu'à ce que je m'endorme, et si jamais des cauchemars venaient me hanter, il les affronterait à mains nues.

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