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Astrale la révoltée

Quand je vois ma région, j'ai envie de chialer. On a quoi pour nous ici ? La pluie, la pollution, l'analphabêtisation, et le chômage. Je regarde les gosses de mon lycée. J'en vois plein qui pourraient aller tellement loin, mais qui n'en sont même pas conscients. On tue nos rêves à la racine, parce que les profs et les parents nous voient au mieux profs, au pire au chômage. Qui croira en nous ? Qui nous apprendra à croire en nous ? Et je remercierais jamais assez mes parents d'avoir été différents, de nous avoir dit qu'on serait qui on voulait. Parce que quand je vois le potentiel extraordinaire de mes potes, gâché, parce que rêver de faire mieux c'est même pas dans la culture d'ici. Région d'extrême droite, ou racisme et homophobie se battent en duel et gagnent tous les deux. Là ou des centaines de gens ne verront jamais les montagnes qu'en photo. J'ai envie de chialer. Et en même temps, est-ce que c'est mieux ailleurs ?

Quand je vois mon pays, j'ai envie de hurler. Pays des droits de l'homme qu'ils disent. C'est drôle, parce que quand on y regarde bien, c'est surtout pays des droits de l'homme blanc riche, cishet. Comme dit Euphonik "Si tu crois en la justice laisse pas traîner ton fils car ils gracient les pédos". J'oublie pas, j'oublierai jamais que la France, c'est aussi mon stage dans un tribunal, quand j'ai vu des mecs qui battaient leurs femmes s'en sortir avec un mois de sursis, ou être relaxés, alors même qu'un dealer a pris un an de prison ferme. La France c'est Macron qui nous explique gentiment que pour trouver un travail il suffit de "traverser la rue". Et je me demande comment on en est arrivés là. Mais ça a toujours été comme ça pas vrai ? Liberté égalité fraternité, est-ce que ces mots ont déjà eu un réel sens en France ? Je crois pas non. On est passé d'un tiers-état opprimé, à une surpuissance de la bourgeoisie, et petit à petit on a dérivé dans une société de consommation dégueulasse où le pauvre n'est rien, et où nous ne sommes que des objets, consommateurs consommés, qui se consument.

Et en même temps, qui je suis pour me plaindre ? Parce que la France, c'est peut-être pas la joie, mais quand je vois le monde j'ai envie de gerber.

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