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19/02/2019

"Il y avait cette rose pourpre qui poussait au milieu du désert. Elle semblait banale, mais si on y regardait de plus près, on voyait qu'elle était laide et triste. Un jour, un homme s'est incliné vers la fleur et lui a demandé :

-Comment est-il possible que toi seule arrive à survivre dans ces contrées arides ?

Alors, la fleur a répondu :

-Autrefois, ce pays était magnifique. Une herbe tendre poussait au sol, et l'eau coulait à flot pour abreuver la vie. Les couleurs de ce lieu étaient si chatoyantes que même les dieux venaient contempler la beauté dans son état le plus pur.

-Mais qu'a-t-il bien pu se passer ?

-Je suis née. Et mes racines empoisonnées ont répandu la mort. Je ne le voulais pas, mais j'existais, et rien que cela a suffit pour tout briser."

 

Putain, ça y est, j'ai compris que j'étais la fleur. Je détruis tout ce que je touche et c'est dingue. Mardi, 1 h 32 au moment où je tape ces mots, j'ai compris. Je suis cette rose, et tout ceux qui vivent près de moi en payent le prix. Je suis désolée pour tout. Il y a quelque chose de cassé au fond de moi, et c'est entièrement ma faute, mais voilà, en pleine insomnie, je me rappelle ces mots "Tu es comme un ravin. Une cause perdue, vide avant même d'y avoir posé un pied." Mon coeur me fait mal, mais que suis-je censée dire maintenant ? Elle avait raison. L'entendre fait mal, mais voilà.

Astrale, aujourd'hui et pour toujours, tu es une putain de cause perdue et tu ne mérites pas que qui que ce soit se batte pour toi. Et c'est peut-être dégueulasse, parce que tu fais toujours de ton mieux, mais c'est comme ça, tu ne vaux rien. Et si tu en doutes encore, je te rappelle que tu es moi, donc je peux affirmer qu'il est bientôt deux heures du matin (plutôt 1h40, mais qui s'y intéresse ?) et que tu es toute seule à t'écrire à quel point tu te détestes. Je plains les gens qui t'aiment. Ils auraient tellement mieux à faire que de te réconforter. 

Quand même, j'ai attendu un peu pour aller mal. Attendu qu'on soit le dix-neuf, parce qu'hier c'était son anniversaire. Et alors, tout ne pouvait aller que bien, car ce jour où il est né est un des plus beaux du monde. Mais maintenant que son anniversaire est passé, je me rends compte que le mien arrive dans cinq mois. Et que je ne veux pas qu'on le fête, parce que franchement, qui a envie de passer une journée à faire croire que ma vie vaut la peine d'être célébrée ?

Il y a les promesses que j'ai faites, celle de tenir jusqu'au bout, celles qui m'engagent à rester. Ce soir ce sont elles qui me retiennent, comme un fil argenté au-dessus du gouffre. Je n'oublie pas mes serments, et je tiens le coup, parce que je ne veux pas voir "parjure" tatoué sur mon front en lettre de feu.

Je me dégoûte. Mon monde est parfait. Entre ma musique, l'écriture et mes potes, il ne me manque rien. J'ai une famille aimante, un toit au dessus de ma tête et de la bouffe dans mon assiette. Alors pourquoi je suis là à trembler dans une énième insomnie ? Je ne suis pas digne de tout ça. On a placé le bonheur à portée de ma main, et je m'évertue à ne pas le toucher. Je me dégoûte.

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