J'ai les doigts pleins de peinture, ça m'a fait du bien de créer quelque chose. Maintenant, ça sèche, j'ai hâte de pouvoir l'offrir. Tout ira bien je crois.
J'ai les doigts plein de peinture, et l'avant bras en sang. Je sais même pas pourquoi, pendant que je peignais, j'ai eu le besoin de me découper. Quand j'étais petite, l'odeur du sang me faisait gerber. J'ai bien changé : maintenant je vomis ma nourriture, et je me charcute. D'un autre côté, je suis restée la même, écrivaine, peintre, artiste, ce qui ne veut pas dire douée, ce qui veut dire que j'essaie. Je suis toujours ce gosse trop calme, trop bruyant et en même temps trop silencieux, perdu dans une autre dimension où toutes les réponses ont des questions, alterné entre pulsions de création et de destruction. Je n'ai pas changé, mas automne après automne, le monde s'effondre toujours, et moi pas. Enfin, si, mais je suis toujours là. Parce que ce que pour ce que ça vaut, c'est-à-dire pas grand chose, alors que les feuilles les plus vigoureuses tombaient, moi je suis encore là à vous toiser. En un sens, c'est ça aussi être moi.