Je suis rentrée chez moi. J'en avais tellement besoin, vous n'imaginez pas. Je chialais toute la nuit, je me défonçais la gueule aux médocs, et puis à la mutilation aussi. Je pétais des câbles sur tout le monde, je me mettais à bader tout le temps, même en pleine soirée. Je faisais des malaises tout le tems, je m'accrochais à mes amis comme une conne à sa bouée. Comme si j'allais me noyer sans eux. Et c'est peut-être vrai. Mentalement j'étais tout en bas. Et d'ailleurs rien qu'à l'idée de retourner là-bas, j'ai une énorme angoisse qui monte.
Mais voilà je suis rentrée chez moi. J'ai passé du temps avec mes frères, mes parents, mes potes, et puis mon copain. J'ai appris à respirer à nouveau. Appris à exister. Appris à vivre. Je me suis défoncée, je me souvenais plus de mon prénom, et pourtant, j'avais jamais été autant moi-même. La sensation de Brice sur ma peau, alors que je flottais quelque part entre ici et le néant. L'odeur de son corps qui m'envoyait encore plus loin que la beuh... Mes amis autour de moi, la sécurité d'être en vie. Et d'avoir envie de le rester. Putain, j'suis heureuse d'être en vie....