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12/03/13

Douze mars 2019.

Jour de pluie. Pas étonnant, ici, les jours où le soleil est présent sont rares. Vingt-deux heures vingt-deux (touche ton nez) je voudrais ne jamais m'endormir. Qu'on ne soit jamais demain. Pourtant, cette journée n'avait rien de particulier. J'ai été triste et heureuse, indifférente, banale. C'était la routine et j'ai détesté de A à Z.

Mais, pour être honnête, j'ai peur pour demain. J'ai compris que quand les choses sont trop calmes (encore qu'elles ne le soient pas vraiment, mais passons) il arrive toujours quelque chose pour briser l'équilibre. Donc je m'inquiète. Parce que je suis cette idiote qui ne sait pas marcher droit sans tomber.

Parfois, c'est fou je sais, mais je ne peux pas juste laisser le monde s'immobiliser quelque instant sur une lueur, j'ai besoin de tout briser, de tout foutre en l'air. Parce que je n'ai besoin d'aucun événement pour briser l'équilibre, je me suffis à moi-même. Alors je vais devenir froide comme un glacier, lointaine comme une étoile, mais, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que la plupart des astres que nous pouvons observer sont déjà morts. On ne voit que leur rayonnement qui traverse encore l'espace et le temps, et je suis comme ces étoiles. J'ai l'air d'être là, vivante, mais je ne suis qu'une absence, et je n'existe qu'à travers un pauvre écho de ma conscience. Alors j'ai envie de tout éclater pour que le monde me ressemble, sale et brisé.

J'ai l'impression de me répéter, de dire encore et encore les même chose ici. Toujours je vais mal, toujours je voudrais que le monde aille aussi mal que moi pour me sentir un peu moins seule, toujours je suis en manque d'un idéal, d'un rêve, d'une utopie. Je me déteste d'être aussi faible, je n'ai pas à me plaindre, mais parfois, c'est juste plus fort que moi et je voudrais disparaître. La seule chose qui me retiens, c'est mon putain d'égoïsme. L'idée que le monde puisse continuer sans moi, ça me dégoûte. Et puis je ne veux pas trouver la paix. Pas dans le sens où ça ne me plairait pas, mais je n'en suis pas digne. La paix se mérite, se gagne, et moi, j'ai juste survécu, c'est pas assez, je ne suis pas assez. 

Je me dis parfois, que personne ne pourrait vouloir me peter la gueule autant que moi j'en ai envie, et que si quelqu'un me poussait sous un train, je chuchoterai "merci".

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A
Les trois premiers paragraphes correspondent exactement à ce que je ressens, sans être jamais parvenue à mettre des mots dessus. Bravo.
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