Mon corps m'a lâché. Comme toujours je lui en ai demandé trop. Et j'en avais conscience. La séance de musculation d'hier j'aurais pu (dû ?) l'adapter à mes capacités. J'aurais du sortir là épuisée, mais en forme. Mais encore une fois j'ai été trop loin. J'en avais besoin je crois. Et même si aujourd'hui j'arrive à peine à bouger, que la position assise est un enfer et que mes bras se plient à peine, c'est bon. C'est bon tout va bien. Je me suis éclatée à la douleur, je bouge juste pour avoir mal. Quand j'ai mal je sais que je suis vivante.
Je voulais trouver mes limites, chercher le maximum de ma résistance. J'y suis pas parvenue, parce que je suis trop faible pour me niquer jusqu'à les trouver, mais ce n'est pas grave. On s'en sort.
Je me sens détruite. D'ailleurs je fais semblant de m'en plaindre. Enfin, pas semblant, je marche vraiment comme une personne du troisième âge, et puis j'ai vraiment mal. Mais genre, super mal, au point ou je réfléchis à chaque mouvement. Mais c'est bon. Toute cette douleur elle est bonne, elle me lave, elle évacue ma peine. Je ne suis plus en colère triste ou déçue, j'ai juste mal. Tout le reste disparaît, comme si j'étais un robot, mes émotions s'estompent, mais je sais que je suis encore humaine tant que j'ai mal.